Astérix et Obélix contre César

Réalisateur : Claude Zidi

Acteurs : Gérard Depardieu, Christian Clavier, Roberto Benigni, Michel Galabru, Laëtitia Casta, Daniel Prévost

Date de sortie : 3 février 1999

Durée : 1h45

Comme Uderzo et sa maison de production sont très pointilleux sur les produits dérivés de la bande dessinée qu'il a créée avec Goscini, tous les spectateurs étaient impatients de voir si le film avait été capable de rendre l'esprit de la bande dessinée. Il faut d'emblée reconnaître que l'objectif est atteint dans trois domaines : la photographie, la distribution des rôles et le scénario.

Pour le premier domaine, des moyens considérables ont été déployés avec des costumes, des accessoires et décors de qualité. Même les fonds qui dans quelques scènes rappellent un peu trop leur origine de papier mâché sont assimilés dans l'atmosphère original de la BD. Les nombreux gros plans rendent la convivialité et la paillardise des gaulois en faisant sauter à l'oeil du spectateur tous ces détails qui les rendent si humains - même si le léger défaut de dentition de Laetitia Casta est particulièrement troublant pour la beauté du film.

Le gros budget de la production a aussi permis d'attirer des célébrités les plus diverses pour jouer des seconds rôles pour peu que leur physique ou leur personnalité, y compris à la ville, colle au personnage. Je pense en particulier à Pierre Palmade, Sim ou Ariesle Dombale dans les rôles respectifs de Assurancetourix, Agecanonix et sa femme. Ils entourent ainsi les excellentes compositions de Gérard Depardieu et Roberto Benigni. Seul Christian Clavier a du mal à trouver ses marques dans les braies d'Astérix. Il faut cependant lui reconnaître qu'il avait le rôle le plus ambigu et donc le plus difficile.

Pour le scénario, c'est encore l'option du moindre risque qui a été choisie. Aussi le script emprunte allègrement aux albums les plus connus : le Devin, la Serpe d'or... Mais si ces emprunts sont des garanties de fidélité à la bande dessinée, ils sont aussi source de frustration pour le spectateur. S'il était venu pour déguster un nouvel épisode de la lutte entre les gaulois et « ces fous de romains », le plat sent vite le réchauffé.

Pour continuer sur ce ton critique, il faut également noté que les dialogues ne sont pas complètement réussis. Plus exactement, l'humour original de Gosciny qui contient souvent une note grinçante a du mal à trouver sa place par la difficulté de les inscrire dans des scènes d'action. Ensuite si les dialoguistes ont quelquefois su réinventer des anachronismes, par exemple lorsque quelqu'un suggère d'utiliser le trésor soustrait au romain pour « boucher le trou de la sécu », là encore, peu de travail original a été apporté par rapport aux épisodes que tout le monde connaît mais qui commencent à dater un peu.

cotation : 3/5

- Jean-Philippe Papillon, 21 mars 1999


© Aglossa, 1999