Cybertr@que

Réalisateur : Joe Chappelle

Acteurs : Skeet Ulrich, Russel Wong, Angela Featherstone

Date de sortie : 15 mars 2000

Durée : 1h30

Presqu'au moment où Kevin Mitnick sort d'un séjour de cinq ans en prison, ce film met en image le livre de John Markoff (journaliste du New York Times) consacré à sa capture. Son originalité principale consiste à éviter la paranoïa et le sensationnalisme. Au contraire, il s'inspire des polars et parfois du western en insistant sur le duel pour l'honneur entre le hacker et le consultant en sécurité informatique, Tsutomu Shimomura. Les motivations individuelles sont donc plus évoquées que martelées, essentiellement au travers des relations des personnages principaux avec leurs proches, compagne ou ami.

Le récit a aussi une utilité pédagogique en démontrant que si les pirateurs de réseaux sont capables de manipulations à distance, les failles principales restent humaines et locales : est-il plus rapide de découvrir un mot de passe crypté (même avec le réseau d'ordinateurs d'une université) ou d'obtenir une liste confidentielle de personnes en se faisant passer physiquement pour quelqu'un d'autre ?

D'un point de vue esthétique, le bilan est moins favorable. Sans doute pour contrebalancer l'épopée humaine, le réalisateur a fait le choix de la symbolisation des hack par des flashs de musique grunge et des plans-coupes de claviers. Le hic ? Les acteurs se comportent en bonne dactylographe en tapant de leurs dix doigts sur les touches alphabétiques. Quand on sait combien la disposition standard des touches rend mal aisé l'accès au {}*#//;[]| dont sont parsemés les codes... Un autre détail prête à sourire. Si IBM et Sun sont cités en toutes lettres, DEC et Nokia sont cachés derrière un camouflage bien transparent : Binary Equipment Corporation, et Nokitel.

En résumé, le film plaît plus par les écueils qu'il a su éviter que par ses qualités propres.

cotation : 2/5

- Jean-Philippe Papillon, 18 mars 2000


© Aglossa, 2000