Himalaya, l'enfance d'un chef

Réalisateur : Eric Valli

Acteurs : Thilen Lhondup, Lhapka Tsamchoe, Gurgon Kyap, Karma Wangiel

Date de sortie : 15 décembre 1999

Durée : 1h44

Moins d'un mois après le James Bond, il est difficile de trouver un film plus dissemblable, en dehors du bilan mitigé. Autant le premier est une oeuvre volontairement artificielle, autant le second est basé sur la beauté et la simplicité des montagnes et de leurs habitants. Cette origine constitue et sa force et sa faiblesse.

Evoquons d'abord les points forts. Pour ceux pour lesquels haute montagne est synonyme des Alpes, le film fait oeuvre de documentaire sur la partie tibétaine du Népal. La vie, inchangée depuis des siècles, s'organise autour de l'agriculture et du commerce des biens de consommation directe. En l'occurrence, la richesse locale provient de l'extraction du sel et de son transport à dos de yack vers les plaines plus fertiles en grains. Seule exception à la matérialité paysanne, la lamaserie permet le développement d'une élite spirituelle mais aussi culturelle et artistique. Les images, dignes de National Geographic sur grand écran, font resurgir avec la précision des techniques modernes les conditions de vie de nos ancêtres... et leurs guerres intestines.

Car même en s'attardant plus que nécessaire sur les troupeaux de yacks en marche, le document serait insuffisant pour tenir le spectateur en haleine pendant plus d'une heure. Le film prend donc pour prétexte une guerre de succession dans le village. Tinlé, le chef actuel vieillissant, aurait aimé voir son fils aîné reprendre la direction du conseil du village et son cadet s'élever dans la hiérarchie bouddhiste. Cependant la mort accidentelle du premier détruit ses espoirs. Loin de renoncer, il espère mettre sur le trône son petit-fils, quitte à prendre lui-même la tête de la prochaine caravane de sel alors qu'il n'a plus fait ce dur voyage depuis dix ans. La deuxième partie du film se transforme donc en épopée convenue : le leader de la nouvelle génération montre son impatience ; l'ancien démontre son expérience avant d'être abandonné par ses forces. Le scénario gâche donc un peu ce film qui avait fait le choix de l'authenticité du décors et des acteurs (contrairement à Sept ans au Tibet).

PS : A la deuxième projection, le film ne perd pas de son intérêt. Je relève sa cotation à 4/5

cotation : 4/5

- Jean-Philippe Papillon, 18 décembre 1999


© Aglossa, 1999