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Réalisateur : Hayao Miyazaki
Acteurs : -
Date de sortie : 12 janvier 2000
Durée : 2h15
Princesse Mononoke est un film original et inattendu pour ceux qui, comme moi, ne sont pas des spectateurs attentifs du cinéma japonais. Loin des dessins animés bon marché bombardés sur les téléviseurs les mercredis après-midi, cette oeuvre dépasse le niveau de qualité et de préparation de beaucoup de films. Les couleurs captivent le regard par leur clarté et leur richesse. L'animation, agile et complète, évite les fonds fixes ou glissants si faciles à réaliser. Un traitement postérieur des éclairages et des effets atmosphériques, comme la pluie et le vent, complète ce véritable travail photographique. Enfin au lieu de jouer la comédie musicale comme les productions de Walt Disney, la musique réalise un accompagnement cinématographique classique.
Une telle débauche d'efforts n'est pas uniquement destinée aux enfants. Miyazaki confie ses convictions écologiques sous l'aspect d'un quête fantastique. Son héros, le prince Ashitaka, atteint d'une blessure maléfique, va donc se retrouver dans une guerre beaucoup plus large entre l'industrie, représentée par les Tartara, et la nature défendue par l'enfant-loup, la princesse Mononoke. Dans un souci d'éviter le manichéisme, le réalisateur insiste sur l'ambiguïté de tous les acteurs. Les maîtres des forges sont en réalité des femmes qui n'ont trouvé d'autre moyen d'émancipation de leur ancien métier de prostituées. De plus, elles viennent en secours aux plus miséreux comme les lépreux. Réciproquement, les défenseurs de la forêt, personnifiés par les sangliers, font preuve d'un entêtement qui les conduit à la stupidité.
Comment exprimer alors quelques réserves ? Le choix de la voix off pour faire s'exprimer les animaux déifiés constitue un premier détail irritant. La technique rompt l'expérience visuelle et l'écho démesuré leur connote une supériorité que le reste du film cherche justement à pondérer. On pourrait aussi critiquer la longueur du film. À force de vouloir complexifier le scénario tout en l'agrémentant de morceaux de poésie fantastique comme les antonins ou les apparitions du dieu-cerf, le film prend un peu de poids et perd de sa concentration.
cotation : 3/5
- Jean-Philippe Papillon, 17 janvier 2000
© Aglossa, 2000