Contrarian Investment Strategies: The Next Generation

Beat the Market by Going Against the Crowd

Auteur : David Dreman

Édition : Simon & Schuster, 1998

ISBN : 0684813505

Pour les lecteurs de Forbes, l'auteur n'est pas un inconnu. Sa colonne sert de contrepoint aux autres conseillers financiers. Cet opus est le second livre où il justifie sa méthode de sélection des investissements qu'il présente aux lecteurs ou qu'il met en oeuvre dans la gestion de fonds de placement. Au passage, il n'est pas tendre avec les experts de Wall Street et les professeurs de Chicago.

Sa théorie repose fondamentalement sur les ressorts humains du commerce et donc de toutes les bourses. Malgré, ou à cause, des systèmes d'informations, les intervenants sur les marchés sont plus que jamais limités par les capacités de jugement de l'homme dont les psychologues n'ont cessé de démontrer les biais. En particulier, la mémoire joue un rôle très troublant dans les processus d'analyse. Un proverbe rappelle qu'une hirondelle ne fait pas le printemps mais lorsqu'une surprise survient dans la gestion d'une entreprise, comment son cours va-t-il réagir ? L'investisseur ne risque-t-il pas de juger la situation en fonction du cours actuel (biais de référence), des perspectives de l'industrie (biais de mémoire instantanée), ou des modes des boursicoteurs (biais de référence collective, dit aussi réflexe de troupeau) ?

Les longues séries statistiques de l'après-guerre permettent de confirmer ces hypothèses. En premier, Dreman démontre que les prévisionnistes de Wall Street se trompent constamment, d'abord dans leurs prévisions de résultats trimestriels, ensuite en surréagissant à une nouvelle qui ne va pas dans le sens de leur évaluation précédente. Ainsi si une entreprise en forte croissance annonce un moins bon résultat que prévu, le cours chute trop durement par rapport à la suite des événements. Inversement, et c'est là que cela devient plus intéressant, une entreprise déjà mal cotée, rebondit fortement si ses résultats s'améliorent un petit peu et baisse peu si le hasard est moins favorable. Il s'est donc demandé si ces entreprises n'offraient pas des opportunités d'investissement en profitant du phénomène de régression vers la moyenne. Et là encore, les statistiques lui donnent raison. Sa stratégie demande donc d'investir dans les cours délaissés (prix faible par rapport aux résultats, aux dividendes, aux actifs) soit dans la bourse en général, soit dans un secteur d'activité. Concernant le timing, ses choix d'investissement dans la valeur pour le meilleur prix demandent des nerfs : il ne faut pas hésiter à acheter dans la crise et tenir au minimum deux ans et probablement cinq pour que le marché reconnaisse son erreur d'évaluation, avec comme seule conviction, les statistiques passées.

À l'occasion, elles démontrent aussi que le risque est d'une autre nature que l'académie peut l'affirmer et le calculer. Pour transposer son analogie en France, un promeneur qui s'aventure dans la baie du Mont-Saint-Michel doit-il craindre les vagues ou la marée ? Or les cinquante dernières années, qui diffèrent en cela des précédentes, ont montré aux investisseurs que le plus grand dévoreur de rendement est actuellement l'inflation. Aussi les obligations, qui servent toujours de référence comme placement sans risque, ont la fâcheuse habitude de manger la capital.

Tous ces constatations sont pleines de bon sens mais elles sont difficiles à appliquer parce que la plupart des acteurs poursuivent d'autres objectifs. Dans les universités, l'école de Chicago, en privilégiant les mathématiques dans l'étude de l'économie, a institué en dogme la théorie des marchés efficients, qui bien sûr contredit toute l'expérience et les chiffres de Dreman. Ensuite les intervenants sur les marchés sont souvent des intermédiaires qui vivent entre autres de leurs commissions sur les ventes. Et lorsque la théorie et le marketing se rencontre, cela donne les fonds indiciels. Que répondre aux séries qui affirment que le petit nombre de SICAV qui ont obtenus de meilleurs résultats que l'indice du marché, ne pourront pas reproduire leurs performances puisque celles-ci sont statistiquement non significatives ?

Il faut donc avoir la conviction d'avoir raison seul contre tous alors qu'éventuellement les éléments ou les croyances sont pour l'instant contraire comme pour les IPO (initial public offering) qui en moyenne ne font pas gagner de l'argent aux acteurs qui investissent après celle-ci. Mais c'est peut-être là la résolution du mystère évoqué précédemment à propos des gestionnaires professionnels de SICAV. L'investisseur, qui fait mieux que la moyenne, est patient, discret et rare.

cotation : 3/5

- Jean-Philippe Papillon, 23 février 2000

Table des matières

Part III: Why current methods don't work

1. The Sure Thing Almost Nobody Plays

2. From Technical Analysis to Astrology

3. Bigger Game Ahead

Part II: The Expert Way to Lose Your Savings

4. Dangerous Forecasts

5. Would You Play a 1 in 50 Billion Shot?

6. Nasty Surprises

Part III: The World of Contrarian Investing

7. Contrarian Investing Strategies

8. Boosting Portfolio Profits

9. A New, Powerful Contrarian Approach

10. Knowing Your Market Odds

11. Profiting from Investor Overreaction

Part IV: Investing in the 21st Century

12. Crisis Investing

13. An Investment for All Seasons

14. What is Risk?

15. Small Stocks, Nasdaq, and Other Market Pitfalls

Part V: Psychology and Markets

16. The Zany World of Rationality

17. Beyond Efficient Markets

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