| Aglossa / Livres / |
Auteur : H.G. Wells
Édition : Mercure de France, 1959 (traduction de « The Time Machine », 1895)
ISBN :
Pour ceux pour qui croient que la science-fiction est née avec eux, un retour aux classiques du genre démontre la qualité atteinte depuis déjà un siècle. H.G. Wells a ainsi produit à la fin du XIXe siècle des classiques comme La guerre des mondes, Les premiers hommes dans la lune, L'île du docteur Moreau. Mais son opus le plus mémorable reste La machine à explorer le temps. Cela lui vaut de faire des apparitions dans les scénarios de Superman ou autres fantaisies modernes lorsque les auteurs manquent d'inspiration. Cependant ces facilités ne doivent pas faire oublier les véritables qualités du roman. Divisé en dix-sept chapitres, l'action est soutenue par des coups de théâtres et un sens de la narration digne d'éloges. Pour tout dire, j'avais rarement eu autant de plaisir à la lecture et de difficulté à l'interrompre.
Le livre est donc attrayant pour les plus jeunes mais il est aussi satisfaisant pour les plus grands par la crédibilité et la profondeur de certaines des allégories. Ainsi l'initiation fournit au lecteur une des premières explications plausibles de la non-interaction des voyages dans le temps avec l'histoire dans sa version linéaire que nous lui connaissons tous. Ensuite le propos montre que H.G. Wells savait se maintenir au fait des sciences de son époque. J'en veux pour exemple une présentation de l'espace-temps qui pourrait servi d'introduction à bon nombre de livres sur la relativité générale. Philosophiquement l'auteur est aussi très marqué par les théories darwiniennes. Comme bon nombres de ses contemporains, il entrevoit donc le futur comme un monde peuplé d'êtres parfaits par la compétition. Mais son propos reste plutôt sombre. Après les Eloïs, petits êtres enfantins et charmants, il conçoit donc les Morlocks qui sont aussi noirs que les premiers peuvent être innocents. Des crabes monstrueux forment même l'espèce ultime qui dominera la fin de vie de la Terre. Au passage, on notera l'importance du communisme et de la peur de la lutte des classes menée juste qu'à une division des races. Au premier degré, le propos peut prêter à sourire, surtout après le fin de la guerre froide, mais les deux premières guerres mondiales, les révolutions russe ou chinoise convaincront que ce conflit garde sa force même si elle est actuellement contenue.
cotation : 5/5
- Jean-Philippe Papillon, 15 novembre 1998
Initiation
La machine
L'explorateur revient
Le voyage
Dans l'age d'or
Le crépuscule de l'humanité
Un coup inattendu
Explorations
Les Morlocks
Quand la nuit vint
Le palais de porcelaine verte
Dans les ténébres
La trappe du Sphinx Blanc
L'ultime vision
Le retour de l'explorateur
Après le récit
Épilogue
© Aglossa, 1998-1999