Depuis début juillet 2006, j'assume la direction générale de Sagatel, qui a rejoint le groupe SETEC, comme filiale de Setec Telecom. Une raison de moins pour trouver le temps d'écrire une note sur cet espace public.

J’étais cette semaine à une conférence de l’ ASPROM consacrée aux développements de la VoIP. Les acteurs du marché résidentiel ont développé leurs idées sur les « Box » et j’ai fait le bilan mental qu’entre Freebox, Livebox, points d’accès Linksys, etc, plus d’un million de foyers français utilisent Linux, sans toujours le savoir. Au passage, un éditeur de solutions VoIP m’expliquait à table qu’il développait son système sur Linux pour les opérateurs et Windows pour les entreprises, ce qui renforce l'idée que Microsoft est devenu le nouvel IBM.
Clairement Linux gagne la bataille de l’embarqué. Or Mike Kuniavsky, un des fondateurs d’ Adaptive Path, démontre de façon convaincante dans son
analogie avec l’histoire des moteurs électriques au début du XXe siècle, que c’est la prochaine « frontière » : les ordinateurs seront devenus « ubiquitous » lorsqu’ on cessera de les voir comme des outils génériques, mais que chaque objet sera un ordinateur dédié à une fonction.
Depuis quelques temps je défends autour de moi l'idée qu'une des raisons de l'échec du câble en France tient dans la qualité des chaînes hertziennes. Certes on peut contester leurs valeurs pédagogiques et culturelles mais le téléspectateur peux encore apprecier deux heures de divertissement avec suffisamment peu de coupures publicitaires qu'elles ne fassent elles-mêmes partie du spectacle.
Contrastons maintenant avec la situation aux Etats-Unis. les programmes télé et radio sont hachés par les publicités au point que des réseaux radio satellitaires ont un succès inattendu en proposant des programmes variés et sans publicité pour 10 $ par mois. Les animateurs vedettes et DJ accourent vers ces nouveaux canaux, si bien que, comme Wired s'en fait l'écho dans son numéro d'octobre, les réseaux traditionnels sont obligés d'auto-limiter le nombre de réclames par heure.
Comme quoi le CSA, en bloquant les demandes de TF1 et M6 qui ne voient pas plus loin que l'exercice comptable, est leur meilleur allié sur le long terme.
Face à l'émergence de la téléphonie illimitée chez Free ou 9Télécom en VoIP sur ADSL, France Télécom a décidé de réagir en proposant des offres illimitées sur le réseau commuté traditionnel. Les coûts mensuels s'étagent entre 9 EUR/mois pour des appels vers 3 numéros soir et week-end jusqu'à 33 EUR/mois pour des appels vers tous les numéros (fixes...) et 24h/24. France Télécom a déclaré vouloir convertir 1 millions de foyers à ces offres.
Par comparaison, on s'interroge rapidement sur leur compétitivité (Free inclut les appels illimités vers les fixes 24h/24 dans le forfait Haut Débit pour 30 EUR/mois) mais la fiabilité du service est sans doute meilleure. Cela devient plus intéressant si on consulte l'avis tarifaire émis par l'ART quand elle a validé cette offre. En gardienne de la concurrence, elle vérifie en particulier qu'il n'y a pas d'effet de ciseau, c'est-à-dire que le prix au détail payé par les consommateurs n'est pas inférieur au prix de gros que peuvent acheter les opérateurs dans le catalogue d'interconnexion de France Télécom. Or le catalogue ne propose que des tarifs à la minute. L'ART impose donc à France Télécom qu'il fournissent les statistiques d'appels constatés (nombre de clients par produit, statistiques d'appels et d'élasticité, poids du trafic hors assiette ...) suite au lancement de l'offre à trois échéances (après neuf et douze mois de commercialisation et lorsque 200 000 offres auront été commercialisées) et relève la structure de ses tarifs si une prédation ou un effet de ciseau était mis en évidence.
En d'autre terme, on s'assurera que statistiquement que les offres illimitées coûtent plus cher que les alternatives !
Ceci dit, il est indéniable qu'une offre illimitée, même si elle coûte plus cher, fait percevoir les communications téléphoniques différemment. Élevé à une époque où les communications nationales étaient chères, je gardais le réflexe d'abréger le papotage familial. Grâce à ma ligne Free, c'est maintenant du passé.
NB : le mobile reste une autre histoire en particulier en roaming.
Via la base publique de l'ANFR (Agence Nationale des Fréquences), j'ai la confirmation que des stations de base UMTS sont au coin de ma rue, sur le toit de la bibliothèque municipale. Si j'étais inquiet, je sais même que je peux compter sur des mesures de champs électromagnétiques.

Au total, les concurrents de France Télécom pourraient avoir pris près de 10%du marché de l ’ADSL en valeur en un peu plus d ’un an. A titre de comparaison, depuis 1998, les opérateurs alternatifs ont capté 10% en valeur du marché de la téléphonie vocale.
En conséquence, France Télécom se fait plus agressif et presse l'Autorité (voir Libération et VNUnet) de lui permettre une différentiation des prix selon la densité de la population et de son réseau. Cette démarche était prévisible (la tarification du TurboDSL est déjà différentiée) mais elle lamine les efforts de communication de l'opérateur historique pour se présenter en partenaire des collectivités territoriales.

Les statistiques du London Internet Exchange montrent que par rapport à l'année dernière les échanges nationaux connaissent une croissance de l'ordre de 30%.
Nota Bene :Les statistiques de Parix ne permettent pas de se faire une idée.

Register se fait l'écho des projets de British Telecom de revenir dans la téléphonie mobile, avec un concept original : le mobile qui permet de téléphoner à son domicile via une passerelle personnelle Bluetooth, comme un téléphone sans fil de maison DECT et donc avec les prix correspondants, et ailleurs via un réseau GSM.
Les terminaux seraient fournis par Sony-Ericsson. Pour l'équipementier, on comprend la manoeuvre pour rendre ses équipements plus intelligents et moins liés à un réseau. Pour BT, il s'agit de combattre le transfert du chiffre d'affaires entre le filaire et le mobile. Ce qui est intéressant, c'est que le service GSM serait fourni en MNVO par T-Mobile, et non O2 l'ex filiale de BT. On voit là tout l'intérêt d'un marché mobile dynamique avec 5 acteurs qui tentent tout ce qu'ils peuvent pour proposer des services innovants. La France avec son oligopole est très en retrait. On espère que le renouvellement des licences mobiles sera l'occasion de rendre un peu de dynamisme à cette concurrence.
Tout d’abord, il convient de féliciter l’ART pour la mise en place d’une consultation publique. Cette procédure décisionnelle tranche par rapport à beaucoup de pratiques « démocratiques » qui laissent peu de place aux extérieurs d’un cercle restreint d’habitués. En même temps, les 10 points sur lesquels l’Autorité interroge formellement le public sont essentiellement techniques alors que l’enjeu, un tiers des chiffres d’affaires de la téléphonie, fixe et mobile mélangés, est essentiellement économique. Ce sera le point de départ de cette argumentation.
Il me semble en effet qu’un grand corpus de réglementation a été mis en place dans le cadre du dégroupage pour s’assurer que la propriété du chevelu de paires de cuivre ne crée pas de situation de monopole et de rente. A l’inverse, la création des réseaux GSM s’est faite dans une certaine confidentialité : les technologies n’étaient pas mûres, le modèle économique incertain. Légitimement le législateur n’a pas posé d’autre condition que le respect de la norme européenne, puis la couverture de 90 % de la population. C’était une décision clairvoyante qui a permis le développement de réseaux interopérables qui offrent certaines libertés à leurs utilisateurs : changement de mobile indépendant du réseau, roaming européen, changement d’opérateur, avec conservation du numéro depuis juillet.
Maintenant le marché est établi et la portion de la valeur de la téléphonie circulant via les réseaux mobiles dépassera les 50% d’ici 2006, date de renouvellement des deux premières licences GSM. Orange à lui seul commandera un quart du marché de la téléphonie en valeur. L’attribution des licences UMTS n’a pas été aussi rémunératrice pour la France que pour d’autres pays européens et on peut légitimement se demander si les processus mis en place ne sont pas responsables d’une partie de la bulle boursière des télécommunications. Cependant il est incontestable que la téléphonie mobile est le principal créateur de valeur actuellement. Si des enchères sont inenvisageables, on connaît tout de même une borne inférieure de cette valeur : le prix payé par Orange, SFR et même Bouygues Télécom après l’éclatement de la bulle, pour se garantir la dizaine de mégahertz offerts dans le cadre des licences UMTS. Sur des fréquences un peu inférieures, on ne voit pas pourquoi le « prix au mégahertz » devrait être plus faible pour la maîtrise de cette « vache à lait » pour reprendre les termes classiques d’analyse stratégique. C’est un aspect passé totalement sous silence dans la consultation actuelle.
Si toutefois la régulation économique précédente devait être ignorée, il me semble qu’il faudra en compensation ou en complément que l’Autorité s’assure, comme pour le réseau téléphonique filaire géré par France Télécom, que les acteurs concernés, tous les deux exerçant une « influence significative », soient soumis à des contraintes de « common carrier », c’est-à-dire l’ouverture de leur réseau sur une base coût moyen plus marge standard. La possibilité de mise en place de MVNO doit devenir une obligation et non plus le résultat d’une démarche commerciale comme l’a fait SFR. Il y a là un enjeu d’abord en matière de droit de la concurrence puisque au moins il existerait une possibilité de compétition sur les services ajoutés au transport des communications (mode de tarification, assistance téléphonique, terminaux, points de vente) et également du point de vue des consommateurs. En effet si un opérateur pouvait établir une HLR capable de fournir du roaming sur le territoire national, des offres commerciales aux usagers finaux pourraient fournir le même niveau de couverture que celui dont profitent les étrangers lors de leurs déplacements en France. C’est une mesure particulièrement attendue par un certain nombre de professions qui ont besoin d’une couverture optimale.
Andrew Odlyzko reprend ses thèmes favoris dans un grand article de FistMonday.
Avec son approche d’économiste universitaire, il apporte la perspective historique des grandes innovations technologiques en matière de télécommunications personnelles, la poste au 19e siècle, le téléphone au 20e. Parmi les enseignements sous-estimés par les nouvelles technologies, il insiste sur l’attractivité et la sécurité pour les consommateurs d’un prix unique tout compris (le timbre unique, le forfait), la lenteur d’adaptation des utilisateurs par rapport aux marchés de capitaux. Lenteur qu’il relativise lui-même en démontrant que le trafic Internet suit une croissance soutenue, que la vitesse d’adoption des connexions hauts débits est supérieure à celle des mobiles dans leur phase initiale. Le problème vient de l’espoir par plusieurs acteurs de pouvoir anticiper, guider et amplifier cette croissance. Lorsque les Bourses sont mises à contribution, cela crée des bulles qu’il compare aux deux vagues de la construction des chemins de fer en Angleterre. Il reste d’ailleurs perplexe devant la valorisation des réseaux téléphoniques et câblés aux USA qui chacune intègre un premium par rapport à leur coût de remplacement, qui ne peut s’expliquer que comme une exclusivité, alors que la convergence risque de la leur faire perdre. Odlyzko attend donc le salut par les airs, avec le développement des technologies hertziennes.
Le moins que l’on puisse dire est que son raisonnement est cohérent, bien documenté puisqu’il s’agit d’une synthèse de nombres d’articles qu’il a déjà publiés. Odlyzko est moins convaincant lorsqu’il s’agit d’être opérationnel en particulier en terme d’action publique. Dans un système dont il a si bien démontré combien il est bloqué par les grands acteurs actuels, il semble oublier combien réglementation et subventions peuvent ou non construire une écologie d’acteurs de taille plus modeste, qui spécialisé dans la couverture d’une zone géographique, qui dans un service particulier. Je suis convaincu pour ma part que plus les technologies de l’information prennent une part importante dans notre vie et le PIB de la nation, plus la collectivité a intérêt à soutenir cette diversité. Dans les transports, les constructeurs automobiles ont développé autour d’eux un réseau de sous-traitant, de transporteurs, etc. A l’opposé, la SNCF a une tendance historique à tout faire elle-même, qui l’empêche d’innover à petite échelle, de tester, de recommencer. France Télécom souffre du même mal et cela bloque l’innovation sur certains segments des réseaux.
Enfin je pense que vu l’échec initial de la Boucle Locale Radio, son espoir de voir les technologies hertziennes animer la compétition vis à vis de l’ADSL (France Télécom a in fine son mot à dire sur tous les réseaux du Plan Câble) doit être entretenu autrement que par des démonstrations économiques. Un réseau comme Melis@ a donc parfaitement sa justification et je pense qu’il peut activer durablement le développement économique du Maine-et-Loire dans les technologies de l’information en apportant la concurrence.
PS : d’un autre côté, la stratégie d’Altitude Télécom qui vise à récupérer doucettement une licence nationale BLR 3,5 GHz est à suivre.
Comme en Angleterre, 3 s'est implanté en Autriche. Les échafaudages de l'opéra de Vienne étaient recouverts de deux grands "draps" de publicité, l'un pour Lexus, l'autre pour 3, vantant la vidéo sur portable.
A Graz, j'ai également pu voir un magasin dédié au nouvel opérateur avec des téléphones Nec e606 démontrant leur capacité multimédia en faisant tourner en boucle des clips sur leur écran. La communication marketing semblait plus orientée vers les prix avec une insistance sur un prix de 40 cts/min pour un contenu que je n'ai pas compris.
Du point de vue des réseaux de télécommunications mobiles, l'Autriche étonne par la faible présence de pylônes en treillis métallique qui agrémentent les campagnes françaises. Ce n'est pas que les opérateurs manquent (ils sont quatre: One, T-Mobile, A1, Tele.ring) et la couverture autant que j'ai pu en juger en tant qu'étranger en roaming est parfaite.
Les concepteurs de réseaux se sont appuyés sur la géographie physique et humaine. L'Autriche se dispose en vallées profondes avec une urbanisation principalement composée de maisons traditionnelles à 1 ou 2 étages qui accueillent plusieurs foyers (peu de HLM et bâtiments de grande hauteur en dehors des grandes villes) . Les opérateurs ont beaucoup implantés de courts mats (2 à 3 m) en sommet de toiture sur des maisons en contrefort des vallées. Les liaisons louées sur réseau téléphonique classique sont privilégiées par rapport à des faisceaux hertziens pour concentrer le trafic.
Je ne sais quels sont les accords avec les particuliers qui accueillent ces stations de base mais on pourrait presque dire que les réseaux mobiles autrichiens sont un ensemble de hotspots répondant à la norme GSM.
A l'inverse, le grand Ouest français alluvionnaire est un grand plateau entrecoupé de vallées de faible profondeur. Comme la France a eu besoin de châteaux d'eau, la France a aujourd'hui "besoin" de pylônes.
NB : si des épidémiologistes recherchent une base d'étude pour analyser les conséquences de l'exposition à des stations GSM, je leur recommande donc l'Autriche ou la Suisse.
Après avoir « jouer » avec les ordinateurs protables Vaio mis à la disposition en tête de quai à la Gare du Nord par SFR – Intel – Sony, j’ai « profité » du retard du Thalys pour franchir une étape supplémentaire : la connexion de mon propre ordinateur. Immédiatement le signal est détecté (qualité variable avec un débit entre 2 Mbit/s et 11 Mbit/s). Après quelques instants, une adresse IP est attribuée par DHCP mais les coordonnées des serveurs DNS ne sont pas recueillies. Résultat : « Host Lookup Failure » dans Internet Explorer, étape indispensable pour se connecter à la page d’authentification http://www.sfr.fr/ . Le commercial présent sur le stand appelle fort courtoisement la hotline de SFR, et on a le sentiment que c’est une première : mon interlocuteur se présente personnellement, et est visiblement dépassé techniquement. Il consulte un « expert » sans pouvoir porter un diagnostic.
Bon réflexe, il prend finalement mes coordonnées téléphoniques avant que le Thalys soit annoncé quai 19 !
D’un autre côté, j’ai l’impression que le message marketing passe. Il y avait autour de moi des hommes et des femmes d’affaires qui, s’ils ne connaissaient rien à la technique, étaient visiblement soucieux de s’informer pour devenir des consommateurs avertis.
Encore des statistiques sur l'envoi de SMS qui démontrent l'importance de l'ergonomie sur la fréquence d'utilisation d'une
fonction.
The operators always talk about increasing ARPU, i.e. getting more money out of each customer, well there appears to be significant proof that users with smarter phones are bigger spenders, and that usability is also a big aid to getting users to increase their usage. One example, I've ranted about Motorola UIs for ages, here's further proof that they are really Unusable Interfaces; figures from Orange say that the average Motorola user sends 14 SMS messges a month, wheras the average Nokia user sends 45, and provides the operator with 4 more revenue per month. Sure it's not a huge sum, but if you were an operator faced with supplying phones to millions of customers, whose phones would you choose?
Dans mon usage personnel, je peux confirmer que Nokia soigne l'envoi de
SMS et que le 8310 présente de subtiles améliorations sur le 8210 (accès direct sur l'écran d'édition de message en tapant 3 fois de suite sur Menu)
D'un autre côté, les chiffres avancés par Orange sont sans doute biaisés
par la démographie. Par rapport aux possesseurs de Motorola, les
utilisateurs de Nokia sont plus jeunes, sensibles au design de leur
mobile et à "l'économie" d'un SMS par rapport à un coup de téléphone.
Pour la première fois, j'ai eu l'occasion mercredi de présenter ma carte de fidélité Cybelys dans le Thalys. J'étais aussi le premier client de ce type pour le contrôleur. Aussi ce n'est pas sans fébrilité qu'il a utilisé son Pocket PC avec une extension lecteur de carte à puce et système de communication.
Je n'ai pas bien pu voir mais d'après l'antenne, je penche pour une transmission GSM/GPRS même si le contrôleur était convaincu que la liaison se fait par satellite. Reste à connaître le protocole. Peut-être est-ce simplement un enregistrement par SMS. A suivre.
Quelle heureuse surprise de découvrir en descendant du Thalis du soir que SFR, SNCF et Intel se sont alliés pour offrir une couverture Wifi de la Gare du Nord. La plateforme en tête de quai est couverte ainsi que le salon Grand Voyageur. Des démonstrateurs présentaient des portables Sony Vaio équipés de Centrino.
Les prix sont plus corrects que ceux d'Orange (déjà commentés il y a quelques jours) avec une carte prépayé à 5 en entrée de gamme. Par contre, le schéma d'utilisation m'échappe. 20 minutes, c'est court pour s'installer et consulter le web, mais beaucoup trop long pour consulter ses emails. 5 minutes suffisent pour cet usage mais les cartes ne sont utilisables que pour une seule session. La facture, pour éventuellement ne récolter aucun email, est salée. Pour le même prix, on a 50 min de GSM (tarifs négociés ;-) ) ce qui suffisant pour récupérer des emails textuels avec un combinaison Mobile + PDA/PC ou un smartphone.
D'autre part, l'expérience montre que la facturation à la durée a en effet très disuadant sur la consommation. Inversement, les forfaits libèrent l'esprit du consommateur et pousse à la consommation (l'ADSL en est un exemple récent mais la téléphonie locale dans certains pays comme les Etats-Unis ainsi que d'autres services l'a montré depuis longtemps).
Pour réellement lancer les hotspots WiFi, il faudrait donc privilégier ce type de tarification ce qui conduit à s'interroger sur les réelles intentions des opérateurs GSM/GPRS.
Orange a manifestement travaillé son offre (42 écrans à la présentation des Vendredis de FT). Les concepts marketing sont bons (offre clé en main aux propriétaires de sites, offres pré-payés et post-payées pour les nomades) mais pas les tarifs :
3 connexions dans le mois suffisent à payer les frais de l'ADSL ! (NB: une ligne éligible à l'ADSL fait partie des pré-requis techniques). Soit Orange sur-dimensionne son offre technique, soit l'opérateur surestime l'impact de sa marque.
Le WiFi est un service local. Rien de plus facile avec un page d'accueil appropriée que de renvoyer un utilisateur, qui ouvre son PC et tente une connexion, vers le guichet le plus proche pour acheter une carte. Le problème est de faire savoir qu'il existe un hotspot, avant que le "nomade" ouvre son PC, ou même se déplace. L'alliance WiFi s'y emploie avec un logo pour le marquage et un Zone Finder qu'il reste manifestement à completer mais que Telia HomeRun remplit vu que le programme est gratuit.

D'un autre côté, Orange a le mérite d'être le premier à faire des annonces publiques. Par son engagement, il légitimise les espoirs des défenseurs du Wifi.
Le NANOG (North American Network Operators' Group) de février a fait une large part aux premiers retours d'expérience sur les réseaux Wifi à haute densité (de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'utilisateurs).
Outre les considérations techniques, ces deux présentations mettent bien en valeur le besoin d'une coordination de l'utilisation locale du spectre par le propriétaire/gestionnaire des lieux.
Naxos, la filiale opérateur de réseau de la RATP, se lance dans une expérimentation Wifi et déploie 12 hotspots (24 points d'accès à la norme 802.11b utilisant des fréquences disjointes ce qui permet de disposer d'une capacité théorique maximale de 2 x 11 Mbit/s). Les équipements actifs sont installés dans des locaux techniques souterrains, seules les antennes, intégrées au mobilier urbain de la RATP, sont déployées sur la voie publique.
Jusqu'à fin juin, l'accès en "beta test" sera gratuit avec le but d'être intégré dans les offres des ISP, d'où le nom de WIXOS (WI-fi eXtensible aux Opérateurs de Services) pour ce projet.
Les sites choisis sont :
1- Gare du Nord (Métro ligne 4)
2- Gare de l'Est (Métro ligne 4)
3- Strasbourg Saint-Denis (Métro ligne 4)
4- Réaumur Sébastopol (Métro ligne 4)
5- Hotel de Ville (Métro ligne 11)
6- Chatelet (Métro ligne 11)
7- Saint Michel (Métro ligne 4)
8- Luxembourg (RER ligne B)
9- Denfert Rochereau (Métro ligne 4)
10-Port Royal (RER ligne B)
11- Alésia (Métro ligne 4)
12- Porte d'Orléans (Métro ligne 4)
Les inscriptions se font sur le portail Wixos. Plus d'information technique est disponible sur le site web de Telcité, la filiale de la RATP dédiée aux fibres noires fournissant le backbone de ce réseau.
Cometa, une start-up créée par Intel, IBM, AT&T et Apax Partners, vient d'annoncer avec McDonnald la prochaine couverture Wifi des restaurants de ce dernier. Les sites pilotes se situent à New York avec une grosse campagne de publicité conjointe d'Intel pour Centrino.
Il est intéressant de noter dans le communiqué de presse l'usage de cartes à gratter pour obtenir les informations pour la connexion. C'est une façon peu coûteuse de réaliser des services prépayés qui seront crucial au développement du Wifi.
Je vois en effet une grande analogie entre le Wifi et les cabines de téléphone publique. Le parallelisme avec le téléphone est imparfait mais utile parce que le téléphone, l'objet, est un équipement qui contient pas d'information. Il fait donc partie du réseau partagé. Avec un réseau informatique où le terminal intelligent stocke vos informations, documents, signets, préférences, etc, l'interface se déplace naturellement du combiné physique (haut-parleur et microphone) vers le transfert de paquet (télécommunication pure). L'interface hertzienne est alors commode parce qu'elle ne suppose pas de couplage physique.
Je pense donc que, dans un premier temps, les réseaux Wifi privés, fonction de base, destinés aux employés en déplacement seront ouverts aux partenaires en visite, sans facturation. Ensuite un usager multipliera les occasions de communications dans différents espaces, hôtels, conférences, restaurants mais aussi commerçants. Dans un certain nombre de cas, ce service sera inclus dans le prix, par exemple dans le menu Extra Value.
Dans un bon nombre d'autre cas, l'utilisateur souhaitera se contenter de relations furtives. Comme le roaming sera beaucoup plus long à se mettre en place que pour le GSM où cette fonctionnalité avait été inscrite dans son architecture (Le GPRS est d'ailleurs nettement moins bien doté à cet égard) et où le nombre de réseaux est faible (3 à 5 par pays contre des milliers de réseaux pour le Wifi), l'achat à un guichet d'un "jeton Internet" semblable à celui d'un jeton de téléphone sera la solution la plus réaliste. On peut penser aux galeries marchandes dans un aéroport ou dans un centre commercial, aux guichets du métro, aux buralistes, etc...
Dans le cas du MacDo, un collègue qui s'interrogeait sur l'intérêt d'une connexion Internet pendant le repas, a fini par conclure que le Wifi pourrait également révolutionner le process du MacDo. Au lieu de faire la queue au comptoir, ne serait-il pas agréable de se connecter au portail pour commander son Menu Best Of livré à sa table avant d'avoir le droit de consulter les programmes du cinéma qui se trouve souvent en face ?
Cisco a annoncé qu'il achetait Linksys dans une transaction évaluant cette dernière société à $500 milliions.
Finalement, le Gouvernement a fait passer dans le projet de loi pour la confiance dans l'économie numérique un chapitre abrogeant l'article L.1511-6 du code des collectivités territoriales mais donnant latitude aux collectivités de devenir opérateur au sens L.32 du code des postes et télécommunications via un nouvel article L.1425-1. Remarquer sur les minutes de l'Assemblée nationale les ratures qui montrent l'introduction de ces articles en séance.
Le processus législatif ne cessera pas de nous étonner. Les allers-retours entre l'Assemblée et le Sénat nous réservent-ils d'autres "surprises" ?
J'étais ce matin au "vendredi de France Télécom". Les ingénieurs partenaires présentaient le Portail Vocal qui permet d'accéder à un centre d'appel en tapant un numéro court 32 20, 3240, etc. selon les tranches tarifaires, puis de prononcer la marque concernée pour être mis en relation. Et de vanter les besoins de préserver une marque, selon tous les canals de vente, 3615 MARQUE, www.marque.com, 3220 dites MARQUE.
Question perfide d'un conseiller France Télécom qui hébergeait la réunion : France Télécom est-il sur le Portail Vocal ? Réponse indignée d'une commerciale : il faut passer par le 10 14 ou le 10 16.
Autre question : si un utilisateur fait le 32 20 (gratuit) mais que l'entreprise est sur le 3240 ou 3260, est-il informé comme sur le kiosque Minitel ? Réponse négative.
Encore quelques progrès à faire.
Le tableau de bord de l'ART montre un décollage. Les premières installations concernent surtout le sud de la France. La cartographie complète inclut Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Nice, Lyon, Strasbourd et l'agglomération parisienne.